PRESENTATION DES PROCHAINS STAGES 2013
Du 10 au 16 octobre 2013 - Qu’est-ce que la demande et comment y répondre ?
Dans une pratique si peu que ce soit orientée par la psychanalyse les
préjugés universalistes doivent laisser place au singulier du cas par
cas. Poser les fondements de ce qui peut orienter ainsi la dite
pratique impose de recourir en tout premier lieu à l’éclairage que
permet le concept de demande théorisé par Lacan. Ce concept et
ses variations infinies dans le réel de la clinique constitueront
l’objet de ce stage.
Pour cela, il conviendra dans cette formation de revenir avec précision
sur ce qu’est la demande — notamment ses différents registres, ses
liens avec les pulsions et son incidence déterminante dans le transfert
—, car le succès même de ce terme lui a donné un usage commun qui
l’éloigne de ses vertus de discernement et de ses capacités
opératoires. En particulier, la demande sera à distinguer du besoin,
terme qui oriente justement la pratique vers des indications a priori,
sources de bien des dérives, notamment autoritaires, et du désir dont
l’articulation dialectique à la demande est toujours problématique.
Même s’il sera possible de spécifier certaines constantes des modalités
de la demande selon les grandes structures (psychose, perversion,
névrose) et leurs sous-structures respectives, ce stage s’attachera
aussi à mettre en valeur comment dans la singularité de sujets qui
s’adressent à un praticien s’est trouvée mise en jeu leurs demandes et
comment il y fût répondu à tel ou tel moment du dialogue avec eux.
Enfin ce stage n’évitera pas la question que certains sujets, comme les
autistes, soumettent au praticien dans la mesure où c’est le registre
même de la demande qui paraît, au premier abord, faire défaut.
Du 14 au 20 novembre 2013 - Symptômes, dérives et impasses de l’adolescence
La structure conflictuelle de l’adolescence a été décrite par les
freudiens comme un véritable traumatisme résultant d’exigences
contradictoires. Entre enfance et révolte, dépendance et
émancipation, idéaux sublimes et volonté de jouissance sans frein, les
solutions virent souvent aux passages à l’acte donnant du
fil à retordre aux éducateurs.
Cette tension est particulièrement accentuée par le grand
désordre symbolique d’aujourd’hui. Il frappe de plein fouet cette
classe d’âge quand vacillent traditionnellement les
identifications et que se débrident les exigences pulsionnelles. A
cette époque de renforcement de la pulsion et de comportements
transgressifs, les adolescents sont particulièrement exposés au
pousse-au-jouir contemporain, à l’hédonisme d’une société faisant
spectacle du cynisme de sa jouissance : dérives de la sexualité,
délinquances, addictions suicidaires, vitesse, puissance et
individualisme saturant la plupart des intérêts et, sur le mode
du défi et de l’exploit, rendant obsolètes tout autre affect. Restent
l’ennui et la morosité que Lacan pointait comme solde de ce
déboussolage chez les jeunes…
Cette formation se propose donc d’analyser les conséquences que
génèrent et cet épuisement des repères paternels et l’absence
d’idéaux identificatoires propres à réguler ces débordements. Il
s’agira notamment de reconnaître si n’est pas en jeu ici un refoulement
de la question de l’amour, les dérives précédentes apparaissant comme
l’envers des impasses amoureuses et les exigences surmoïques ne
facilitant pas la résolution des embrouilles du sentiment, alors même
que celui-ci, objet de déni ou de refoulement, est relégué au
musée d’un romantisme attardé.
Chez certaines filles, l’activisme sexuel sur un mode
mimétique refoule des rêveries de midinettes, toujours actives
mais devenues énigmatiques ou incongrues. Et on apprend que les
garçons, tout en fanfaronnant, se suicident deux fois plus que
les filles en partie pour des affaires de cœur ingérables.
Ce stage permettra du coup de comprendre en quoi ce « terrain » peut
être favorable à l’analyse, précisément parce qu’elle constitue un
refuge pour un discours de vérité sur l’amour. On remarquera
d’ailleurs que la culture psy n’échappe pas à l’adolescent,
celui-ci étant plus qu’on ne croit réceptif à un lieu du dire
vrai, à la levée des semblants : une situation très favorable donc à
l’établissement du transfert, pourvu que les praticiens s’inscrivant
dans une démarche analytique ne s’identifient ni à des éducateurs ni à
des mentors, ce qui sera un des enjeux de cette formation.
Du 5 au 11 décembre 2013 - Clinique du passage à l’acte dans la névrose et la psychose
Nombreux sont les scénarios de la vie contemporaine qui témoignent de
la montée en puissance du passage à l'acte sous des formes de plus en
plus extrêmes. Le pousse à la désinhibition et au dépassement des
limites dans une quête effrénée de jouissance, favorisent le fait que
le sujet ne se contente plus d'obtenir des satisfactions sur le plan
fantasmatique ou sublimatoire.
Corrélativement, nous constatons que la civilisation occidentale
produit de plus en plus d'angoisse et qu'elle fragilise en même
temps les moyens symboliques pour traiter ces différentes formes du
trop, soit les multiples sollicitations de l'hypermodernité qui
assaillent le sujet. Déboussolé, il tente de se séparer de ce qui
l'envahit en suivant des voies qui court-circuitent la parole, et
visent à provoquer une extraction de ce trop dans le réel. En
témoigne l’inquiétante augmentation des atteintes au corps d'autrui ou
au corps propre, ainsi que la réalisation de scénarios dans la vie
sexuelle autrefois réservés au registre imaginaire.
Dès lors comment s'orienter dans un monde où le pouvoir du
symbolique a perdu de sa superbe au point de paraître impuissant pour
traiter les différentes formes de l'agir ?
Ce stage sera l'occasion d'introduire l'éclairage apporté par la
psychanalyse à propos de ce qui fait la particularité du passage à
l'acte aujourd'hui ainsi que sa spécificité selon les structures
cliniques.
Il sera question de saisir la portée des avancées introduites par Lacan
dans ce domaine : tendance du sujet à sortir de la scène dans la
névrose, extraction forcée de l'objet chez le sujet psychotique.
Prenant appui sur un large éventail de cas, cette formation permettra
de saisir comment le passage à l'acte obéit à des logiques singulières
que le clinicien doit pouvoir différencier pour ne pas passer à côté de
ce point de réel que le sujet ne parvient à traiter que par les voies
de l'agir, et lui ouvrir une alternative à condition de s'y repérer.